Transmission d'entreprise en franchise : la FFF monte au créneau dans Les Echos
La déléguée générale de la Fédération Française de la Franchise cosigne une tribune dans Les Echos avec deux autres figures du monde économique pour alerter sur l'urgence de la transmission d'entreprise. Un signal fort qui résonne directement dans les réseaux.
Publié le 22/07/2026 , Temps de lecture: 7 min
En bref
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Véronique Discours-Buhot co-signe une tribune dans Les Echos le 21 juillet 2026.
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500.000 dirigeants partiront à la retraite dans les dix prochaines années.
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Selon la tribune, 65% des réseaux de franchise peinent à trouver des repreneurs.
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Trois mesures concrètes sont réclamées, dont la pérennisation du Pacte Dutreil.
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La reprise en franchise reste une voie sous-exploitée face à l’ampleur du défi.
Sommaire
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500.000 patrons sans repreneur : ce que ça change pour les réseaux
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La reprise en franchise, une réponse structurée à un marché atomisé
Une voix de la franchise dans le débat national
Le 21 juillet 2026, Véronique Discours-Buhot, déléguée générale de la Fédération Française de la Franchise (FFF), a co-signé une tribune dans Les Echos* aux côtés d’Amir Reza-Tofighi, président de Les Entrepreneurs (anciennement la CPME), et de Renaud Dutreil, ancien ministre des PME et père du dispositif fiscal qui porte son nom.
Le titre est sans ambiguïté : « 500.000 patrons sans repreneur : un drame territorial, une priorité nationale ». La FFF ne s’exprime pas souvent dans la presse généraliste sur des sujets de politique économique. Le fait que sa déléguée générale y prenne la plume dit beaucoup sur l’urgence ressentie dans les réseaux.
500.000 patrons sans repreneur : ce que ça change pour les réseaux
Le chiffre est connu depuis plusieurs mois. Selon la Direction générale des Entreprises (DGE), 500.000 dirigeants pourraient céder leur entreprise d’ici 2032, avec à la clé près de 3 millions d’emplois concernés. Le gouvernement a d’ailleurs lancé en avril 2026 le plan « Objectif Reprises » pour tenter d’anticiper cette vague. Pour Véronique Discours-Buhot, « le plan “Objectif Reprises” […] est un signal. Mais un signal ne suffit pas. Il faut des actes. »
A travers son intervention, elle apporte un éclairage évocateur : le problème touche aussi les réseaux organisés. Selon les chiffres cités dans la tribune, 65% des réseaux de franchise peinent à trouver des repreneurs pour leurs points de vente. Une statistique qui interpelle, tant la franchise est précisément censée offrir un cadre rassurant pour les cédants comme pour les candidats à la reprise.
Ils ne ferment pas parce qu’ils manquent de clients. Ils ferment parce qu’ils ne trouvent pas de repreneurs
Selon la DGE, 37.000 transmissions d’entreprises ont été enregistrées en 2024 en France. Face aux centaines de milliers de cessions à venir, le marché est structurellement sous-dimensionné. La conséquence logique est la fermeture de commerces, entraînant des suppressions d’emploi et l’appauvrissement de territoires en offre commerciale. « Ils ne ferment pas parce qu’ils manquent de clients. Ils ferment parce qu’ils ne trouvent pas de repreneurs », précise sur LinkedIn la déléguée générale de la FFF. Elle ajoute que « parmi celles qui trouvent un repreneur, nombre d’entreprises familiales deviennent la propriété de fonds et de groupes étrangers. » La transmission d’entreprise est donc à la fois un enjeu de dynamique économique des territoires, mais également de souveraineté nationale.
Les freins sont connus et identifiés : valorisations trop élevées côté cédants, financement inaccessible pour les repreneurs, image négative de la reprise, marché atomisé. Mais cette tribune pointe surtout un facteur aggravant trop rarement nommé : l’instabilité fiscale. Un candidat à la reprise qui ne peut pas calculer sa rentabilité sur dix ans, parce que les règles changent tous les dix-huit mois, renonce. Et ce renoncement a un coût collectif.
Trois demandes claires à l’État
Véronique Discours-Buhot et ses co-signataires adressent directement aux pouvoirs publics trois demandes précises :
1. Sanctuariser le Pacte Dutreil dans la loi. Le Pacte Dutreil permet, sous conditions, d’exonérer 75% de la valeur d’une entreprise transmise pour le calcul des droits de mutation à titre gratuit (article 787 B du Code général des impôts). Instauré en 2003, modifié à plusieurs reprises, et encore retouché par la loi de finances pour 2026 qui a notamment allongé l’engagement individuel de conservation de 4 à 6 ans, ce dispositif reste soumis aux arbitrages budgétaires annuels. Les signataires réclament son inscription dans la législation pour mettre fin à cette instabilité.
2. Reconnaître la reprise comme une voie entrepreneuriale à part entière. Cela passe, selon les co-signataires, par un guichet unique territorial, un tutorat obligatoire, un droit à l’essai pour les moins de 30 ans, et des aides alignées sur celles accordées aux créateurs d’entreprise. Aujourd’hui, reprendre coûte plus cher qu’entreprendre, à soutien public équivalent. C’est un frein structurel.
3. Créer le Pacte Dutreil salarié. C’est la mesure la plus novatrice. Elle vise à permettre à tout salarié d’un réseau justifiant de plus de 7 ans d’ancienneté de bénéficier des mêmes avantages fiscaux que les héritiers lors d’une reprise. L’idée : valoriser ceux qui connaissent l’entreprise de l’intérieur, qui y ont investi leur carrière, et qui pourraient en assurer la continuité avec les bons outils. Le gouvernement avait évoqué ce principe dès avril 2026 sans le formaliser. La FFF réclame aujourd’hui des actes.
La reprise en franchise, une réponse structurée à un marché atomisé
Ce que cette tribune met en lumière de manière indirecte, c’est la position de la franchise face à la vague de transmissions à venir. Les réseaux disposent d’outils que le commerce indépendant n’a pas : une marque identifiée, un savoir-faire transmissible, un accompagnement structuré, un fichier de candidats qualifiés. Et pourtant, même avec ces atouts, 65% des réseaux peinent à trouver des repreneurs. Le constat est limpide : « Si des enseignes structurées rencontrent ces difficultés, qu’en est-il du commerçant isolé ? »
Et ce n’est pas un problème de vivier de repreneurs potentiels. Les profils existent. La reprise en franchise attire des reconvertis, des cadres en transition, des salariés qui veulent franchir le pas de l’entrepreneuriat sans partir de zéro. Ce qui fait défaut, c’est la lisibilité du cadre, la solvabilité des repreneurs et la simplification des procédures.
Reprendre un point de vente en franchise, c’est aussi reprendre une clientèle existante, un bail négocié, des process déjà rodés. C’est, dans les faits, l’une des formes d’entrepreneuriat les moins risquées qui soit. Mais si le financement est inaccessible et si le cadre fiscal peut changer du jour au lendemain, même les meilleurs profils hésitent. Et l’hésitation, dans ce contexte, se paie en rideaux baissés.
La question n’est pas uniquement économique. Elle est territoriale. Le boulanger, le restaurateur, le coiffeur qui ferment faute de repreneur ne sont pas remplacés. Ce sont des services de proximité qui disparaissent dans des villes moyennes, des centres-bourgs, des quartiers. La franchise, par sa capacité à structurer des reprises et à sécuriser les transitions, a un rôle à jouer dans la réponse à ce défi.
Pour les porteurs de projet qui envisagent cette voie, les chiffres du marché de la reprise en franchise en 2026 donnent une mesure concrète des opportunités disponibles dans les réseaux.
Questions Fréquentes
Combien d’entreprises sont concernées par la vague de transmissions à venir ?
Selon la Direction générale des Entreprises (DGE), environ 500.000 dirigeants pourraient céder leur entreprise d’ici 2032, avec près de 3 millions d’emplois concernés.
Qu’est-ce que le Pacte Dutreil et pourquoi la FFF le défend-il ?
Le Pacte Dutreil permet d’exonérer 75% de la valeur d’une entreprise transmise lors d’une succession ou d’une donation, sous conditions. La FFF réclame son inscription pérenne dans la loi pour mettre fin à l’instabilité fiscale qui décourage les repreneurs.
Qu’est-ce que le Pacte Dutreil salarié proposé dans la tribune ?
Il s’agirait d’un dispositif permettant à tout salarié d’une entreprise justifiant de plus de 7 ans d’ancienneté de bénéficier des mêmes avantages fiscaux que les héritiers lors d’une reprise, facilitant ainsi la transmission en interne.
Pourquoi les réseaux de franchise peinent-ils à trouver des repreneurs malgré leur cadre structuré ?
Selon la tribune de la FFF, les freins sont principalement fiscaux (instabilité des règles) et financiers (accès au crédit difficile pour les repreneurs). Même avec un cadre organisé, ces obstacles découragent les candidats qualifiés.
Sources :
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Tribune Les Echos, Véronique Discours-Buhot, Amir Reza-Tofighi, Renaud Dutreil : Transmission d’entreprises : « 500.000 patrons sans repreneur : un drame territorial, une priorité nationale »
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DGE - Transmission et reprise d’entreprise : Transmission et reprise d’entreprise : un enjeu économique majeur et une opportunité entrepreneuriale à saisir
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Ministère de l’économie - Plan Objectif Reprises : Objectif reprises : un plan d’action pour faciliter la transmission-reprise des entreprises
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Pacte Dutreil 2026, Bpifrance Création : Pacte Dutreil : optimiser sa transmission d’entreprise
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Guide pratique