Reprise en franchise : les chiffres du marché de la transmission en 2026

La reprise d'un point de vente franchisé n'est plus un sujet de niche. Avec des dizaines de milliers d'entreprises à transmettre chaque année et une demande portée par une nouvelle génération d'entrepreneurs, la cession-transmission devient un axe de développement incontournable pour les réseaux.

Sandrine Cazan, writer

Publié le 29/10/2013 , Mis à jour le 02/06/2026, Temps de lecture: 7 min

Reprise en franchise : les chiffres du marché de la transmission en 2026

Le marché de la reprise en franchise en bref

  • 37.000 transmissions d’entreprises enregistrées en France en 2024, selon la DGE.
  • 1 salarié sur 5 envisage la franchise, avec une préférence pour la reprise (13%) plutôt que la création (7%).
  • 65% des franchiseurs peinent encore à trouver des repreneurs qualifiés.
  • Plus de 700.000 entreprises à transmettre en France d’ici 2032.
  • Les réseaux matures accumulent un stock structurel de points de vente à céder.

Sommaire

  1. Transmission d’entreprise : des chiffres en hausse
  2. Reprise en franchise : une dynamique forte
  3. Quel profil pour reprendre une franchise ?
  4. Les freins persistent, les réseaux s’organisent
  5. Pourquoi reprendre plutôt que créer une entreprise ? Quelles différences ?
  6. Questions Fréquentes

Transmission d’entreprise : des chiffres en hausse

Le chiffre est clair. Selon l’enquête Les transmissions d’entreprises : tendances, défis et enjeux pour l’économie française, publiée en juin 2025 par la Direction générale des Entreprises (DGE) (*), le nombre de cessions-transmissions a atteint 37.000 en 2024, après un point bas lié à la crise sanitaire. Le marché remonte depuis 2022, et se stabilise à un niveau comparable à celui de 2016.

Ce rebond s’accompagne d’une revalorisation des prix. Toujours selon la DGE, le prix moyen des cessions est passé de 255.000€ en 2012 à 303.000€ en 2024, soit une hausse de 19%. Le prix médian, lui, s’établit à 125.000€. Des montants qui varient fortement selon les secteurs d’activité.

Autre signal positif : les entreprises reprises résistent mieux que les créations ex nihilo. Leur taux de pérennité à trois ans atteint 85,5%, contre 81,4% pour les entreprises nouvellement créées. Reprendre une affaire existante, c’est partir avec un avantage structurel.

Reprise en franchise : une dynamique forte

La franchise n’échappe pas à cette dynamique. Elle y est même particulièrement exposée. Selon les indicateurs 2025 publiés par la Fédération Française de la Franchise (FFF), le secteur de la franchise compte 93.395 points de vente franchisés et génère 93,71 milliards d’euros de chiffre d’affaires (**). Un écosystème de cette taille produit mécaniquement un flux continu de points de vente à reprendre chaque année.

La raison est simple : les réseaux créés dans les années 1980 et 1990 arrivent à maturité. Par le jeu de la pyramide des âges des franchisés en place, des renouvellements de contrats et des départs à la retraite, des centaines de points de vente sous enseigne changent de mains annuellement. Les secteurs du commerce, de la restauration, des services aux personnes et de l’immobilier sont les plus concernés.

La Fédération Française de la Franchise estime que près de la moitié des franchisés de plus de 55 ans préparent déjà la reprise ou la vente de leur activité. Un mouvement de fond qui s’accélère, et que les franchiseurs ne peuvent plus ignorer.

Quel profil pour reprendre une franchise ?

Qui reprend une franchise aujourd’hui ? Le portrait s’est affiné. Selon une enquête menée par l’institut OpinionWay pour la FFF, publiée en octobre 2025, un salarié sur cinq envisage la franchise pour concrétiser un projet entrepreneurial, avec une préférence marquée pour la reprise d’entreprise (13%) plutôt que pour la création ex nihilo (7%).

Les générations ne se comportent pas de la même manière face à ce choix. Les seniors, notamment les plus de 50 ans, privilégient la reprise (16% contre 10% chez les moins de 35 ans). Les plus jeunes se tournent davantage vers la création. Deux logiques différentes, mais une même destination : la franchise pour entreprendre.

Le candidat type reste un salarié en reconversion, souvent issu de secteurs en tension, qui cherche un cadre structuré, une marque reconnue et un accompagnement opérationnel. Selon le Baromètre Franchise Management / Franchise Expo Paris 2025, 61% des candidats à la franchise souhaitent avant tout être indépendants, et 82% préfèrent travailler dans un cadre défini. Le profil du repreneur franchisé correspond exactement à ces attentes : entreprendre sans repartir de zéro.

Les freins persistent, les réseaux s’organisent

Le potentiel de la reprise en franchise est massif. L’exécution, elle, reste perfectible. Selon les données issues du 5e rapport annuel sur le développement en franchise Cerca / Toute la Franchise et de l’enquête FFF, 73% des franchiseurs considèrent que la reprise est un enjeu de pérennité majeur pour leur réseau. Mais 65% d’entre eux reconnaissent rencontrer des difficultés à trouver des repreneurs qualifiés.

Les freins à la reprise sont bien identifiés :

  • La valorisation de la franchise à reprendre : des prix parfois jugés trop élevés par les candidats, surtout quand le financement bancaire se complique.
  • La complexité du dossier de reprise : bail commercial, contrat de franchise, agrément du franchiseur, reprise des salariés. La reprise d’un point de vente franchisé cumule plusieurs couches juridiques que la création seule ne connaît pas.
  • Le manque de visibilité : les opportunités de reprise sont encore trop peu formalisées et peu accessibles pour les porteurs de projet qui ne savent pas où chercher.

Face à ces obstacles, près d’un franchiseur sur deux a déjà mis en place des dispositifs d’accompagnement dédiés : formation des repreneurs, communication ciblée, mise en relation avec des partenaires financiers. Une professionnalisation du processus qui progresse, mais qui reste inégale selon les réseaux.

Du côté des pouvoirs publics, le Plan Transmission de Bpifrance, lancé en mai 2025, apporte un nouveau souffle. Il inclut notamment un prêt sans garantie « Croissance Transmission », destiné à financer la reprise des PME et ETI, avec des montants compris entre 50.000€ et 5 millions d’euros. Les conditions d’éligibilité étant strictes, il est recommandé de valider ce point avec un conseiller Bpifrance ou un expert en financement d’entreprise.

Pourquoi reprendre plutôt que créer une entreprise ? Quelles différences ?

Pour un candidat à la franchise qui hésite entre créer ou reprendre une franchise, la reprise d’un point de vente existant offre des avantages concrets. La clientèle est déjà constituée, l’équipe en place, la notoriété locale installée. Le risque de démarrage, qui est l’un des principaux freins à l’entrepreneuriat, est mécaniquement réduit.

Mais reprendre une entreprise en franchise ne signifie pas s’affranchir de la rigueur. Quelques points de vigilance s’imposent :

  • Analyser les comptes sur les trois derniers exercices. Un point de vente cédé pour « opportunité financière » peut aussi cacher une rentabilité en déclin.
  • Vérifier l’état du bail : durée restante, loyer, conditions de renouvellement. C’est souvent là que se jouent les vraies négociations.
  • Comprendre les raisons de la cession. Départ à la retraite, changement de projet de vie ou difficultés d’exploitation ? La réponse change radicalement l’analyse du dossier.
  • Anticiper les investissements de remise aux normes exigés par le franchiseur lors du changement de titulaire.

La reprise en franchise est une voie d’entrée dans l’entrepreneuriat souvent sous-estimée. Elle mérite d’être considérée avec autant de sérieux qu’une création, et avec une due diligence tout aussi rigoureuse.

Pour les porteurs de projet qui souhaitent affiner leur connaissance du modèle avant de se lancer, la formation gratuite Mon Parcours Franchise offre une base solide pour comprendre les mécanismes de la franchise, qu’il s’agisse d’une création ou d’une reprise.

FAQ autour de la reprise en franchise

Combien y a-t-il de transmissions d’entreprises en France chaque année ?

Selon la Direction générale des Entreprises (DGE), 37.000 cessions-transmissions ont été enregistrées en France en 2024. Ce chiffre est en progression depuis 2022.

Quel est le prix moyen d’une cession d’entreprise en France ?

Selon la DGE, le prix moyen des cessions était de 303.000€ en 2024, avec un prix médian de 125.000€. Les montants varient fortement selon le secteur d’activité.

Pourquoi reprendre une franchise plutôt que créer un point de vente ?

Reprendre un point de vente franchisé permet de démarrer avec une clientèle existante, une équipe en place et une notoriété locale déjà construite. Le taux de pérennité à trois ans des entreprises reprises (85,5%) est supérieur à celui des créations (81,4%), selon la DGE.

Quels sont les principaux freins à la reprise d’une franchise ?

Les trois freins les plus fréquents sont : la valorisation jugée élevée, la complexité juridique du dossier (bail, contrat de franchise, agrément) et le manque de visibilité sur les opportunités disponibles.

Quel profil cherche à reprendre une franchise ?

Selon une enquête OpinionWay pour la FFF (octobre 2025), 13% des salariés envisageant la franchise préfèrent la reprise à la création. Les seniors (plus de 50 ans) sont plus enclins à la reprise que les jeunes, qui privilégient davantage la création ex nihilo.

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