Diagnostics immobiliers : des perspectives toujours bonnes
En mai dernier, le cabinet d'études sectorielles Xerfi publiait les résultats d'une étude dédiée au marché des diagnostics immobiliers. Selon cette étude, l'année 2011 devrait tenir toutes ses promesses avec une progression estimée à 6 % et 2012 fera mieux avec une progression estimée à 8 %.
Dominique André-Chaigneau, writer
Publié le 11/10/2011 , Mis à jour le 15/06/2022, Temps de lecture: 5 min
Dans son étude intitulée « Le marché des diagnostics immobiliers Analyse du marché et prévisions 2012 - Performances financières de la profession - Enjeux et facteurs de mutation », publiée en mai dernier, le cabinet d’études sectorielles Xerfi dresse le portrait d’un secteur qui ne connait (presque) pas la crise. « Les perspectives des diagnostiqueurs immobiliers s’annoncent favorables à court terme.
Le chiffre d’affaires de la profession progressera significativement en 2011 (+ 6 %) et en 2012 (+ 8 %) ». Comment Xerfi arrive à ces chiffres ? En fait selon ce cabinet, l’activité des diagnostiqueurs immobiliers « sera en grande partie portée par le maintien à haut niveau des transactions de logements dans l’immobilier ancien. » De manière secondaire, la mise en place de nouveaux diagnostics notamment autour des dispositifs d’assainissement non collectif et l’obligation de l’affichage du diagnostic de performance énergétique (DPE) sur les annonces de vente ajoutent à la bonne santé de ce marché. Ceci étant, tout n’est pas rose au pays des diagnostiqueurs immobiliers, loin s’en faut !
Une concurrence de plus en plus exacerbée
Comme le souligne Xerfi, la concurrence fait rage sur le marché du diagnostic immobilier. L’abondance de l’offre a obligé les acteurs du secteur a revoir leurs tarifs à la baisse (- 6 % entre 2009 et 2011).
L’émergence de modèles « low cost » ces dernières années combinée au développement des comparateurs de prix en ligne va également dans le sens de prix de plus en plus tirés. Du coup, les marges d’exploitation sont en net recul, mais restent toutefois suffisamment attractives pour attiser de nouvelles convoitises. Preuve en est avec l’arrivée récente sur le marché de nouveaux acteurs issus de grands groupes des filières énergie, mais aussi bancaires et immobilières. « Ces groupes pénètrent le secteur du diagnostic avec l’ambition de proposer une offre complète en matière de conseil et de financement des travaux de rénovation énergétique et plus généralement de services immobiliers » précise Xerfi.
Et bien évidemment, ces nouveaux entrants viennent directement chasser sur les terres des acteurs historiques du secteur (filiales de bureaux de contrôle et d’inspection, réseaux de franchisés indépendants, bureaux d’études techniques du bâtiment et entrepreneurs indépendants). La bataille ne fait que commencer semble-t-il, et déjà des stratégies de riposte émergent.
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Les réseaux de mandataires gagnent encore du terrain sur un marché de l’immobilier en mutationLes stratégies de riposte des acteurs historiques
Afin d’enrayer « cette dangereuse spirale déflationniste et de rehausser leurs marges, les opérateurs
doivent axer leur stratégie autour de deux grands objectifs » estime Xerfi. Le premier objectif est de diversifier les sources de revenus. Cette diversification passe par la mise en place de diagnostics complémentaires, de conseil en économie d’énergie et des opérations plus globales de diagnostic dans les immeubles et le tertiaire.
Ces services en plus ne pourront clairement être proposés que par des grands groupes bien structurés. « L’atteinte de la taille critique va d’ailleurs être de plus en plus cruciale, favorisant par voie de conséquence la domination des grands réseaux » prévoit Xerfi. Le second objectif est d’ériger des barrières à l’entrée sur le marché pour limiter la multiplication de nouveaux entrants.
Les pouvoirs publics ont déjà commencés à travailler dans ce sens en annonçant fin 2010 le renforcement prochain des critères d’agrément pour obtenir la certification. Ce durcissement des critères vise la professionnalisation des acteurs à moyen terme ce qui devrait de fait avoir un effet direct sur la concurrence anarchique que connait le secteur.
D’autres stratégies de riposte sont également évoquées par Xerfi comme notamment la création de nouvelles synergies avec les sites d’annonces immobilières sur internet qui sont de plus en plus souvent des prescripteurs de poids du diagnostic immobilier ou encore l’extension de la présence sur le territoire des réseaux pour mieux capter localement la clientèle.
De belles opportunités pour les réseaux de franchise
Dans ce panorama dressé par Xerfi, il semble bien que les réseaux en franchise aient de vraies opportunités à saisir dans les prochaines années.
Pourquoi ? En fait, comme le souligne l’enquête, le marché est en profonde mutation. La mise en place des lois du Grenelle de l’environnement booste le marché de la rénovation thermique des bâtiments.
Et Xerfi d’expliquer, « le critère énergétique (et donc le DPE) prend une importance croissante sur le marché immobilier, avec d’une part l’affichage de la classe énergétique dans les petites annonces immobilières, et d’autre part le conditionnement du montant du nouveau prêt à zéro (PTZ+) à cette classe énergétique. » Le marché du diagnostic immobilier est ainsi assuré dans les prochaines années d’un fond de roulement croissant. D’un autre côté, le durcissement des conditions d’agrément favorise la professionnalisation des pratiques.
Et qui dit professionnalisation dit formation initiale, formation continue et veille règlementaire. Trois points sur lesquels les réseaux sont d’ores et déjà opérationnels. La tendance insufflée par les nouveaux entrants vers une multiplication de nouveaux services complémentaires profite également aux réseaux d’indépendants. Pourquoi ? En fait les grands groupes bancaires ou immobiliers qui viennent tout juste d’investir le marché avec des offres complètes s’exposent à « un possible risque de conflit d’intérêt entre le prescripteur de travaux, celui qui les finance et l’intermédiaire en charge de la transaction… ».
Face à ce risque de collusion, l’indépendant a une carte certaine à jouer. En plein essor depuis une douzaine d’années, le marché du diagnostic immobilier est porté par le règlementaire. La redistribution actuelle des parts de marché devrait profiter aux véritables enseignes spécialisées qui peuvent justifier d’une implantation au plus proche du consommateur. Marché de proximité par excellence, le diagnostic immobilier est l’un des rares actuellement a n’avoir rien à craindre de la mondialisation.
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