284.000 emplois : le commerce de mode pèse plus lourd que l'aéronautique

L'étude menée par Xerfi pour l'Alliance du Commerce révèle l'empreinte économique réelle du commerce de mode en France. Les chiffres 2025 parlent d'eux-mêmes : 92 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 284.000 emplois générés. Un poids économique que l'on oublie dans le contexte actuel.

Sandrine Cazan, writer

Publié le 10/07/2026 , Temps de lecture: 3 min

284.000 emplois : le commerce de mode pèse plus lourd que l'aéronautique

La mode : un secteur qui toise les géants de l’industrie française

On pensait le commerce de mode fragilisé par le e-commerce et les mutations de la consommation. Les chiffres tirés de la dernière étude Xerfi pour l’Alliance du commerce (*) disent autre chose, malgré le contexte excessivement tendu qui pèse sur le marché de la mode. Avec près de 300.000 salariés en emploi direct au 31 décembre 2025, le secteur devance l’industrie aéronautique, ferroviaire et navale (193.700 emplois), les assurances (169.000) et l’industrie automobile (161.000). Il représente 22 % de la valeur ajoutée du commerce de détail non alimentaire, soit près d’un salarié sur cinq dans ce périmètre.

Son chiffre d’affaires direct de 53 milliards d’euros écrase lui aussi la comparaison : il dépasse celui de la restauration traditionnelle (44 Md€), des transports aériens (26 Md€) et de l’hôtellerie traditionnelle (25 Md€).

Un effet multiplicateur qui irrigue tout le territoire

Au-delà de ses murs, le commerce de mode entraîne dans son sillage une mécanique économique puissante. Pour 100 € dépensés en magasin, près de 75 € sont réinjectés dans le reste de l’économie française. Concrètement, chaque emploi direct génère 1,43 emploi au total, soit plus de 85.000 emplois indirects et induits soutenus dans des secteurs aussi variés que la logistique (10.390 emplois), l’immobilier commercial (17.950) ou le marketing et l’IT (13.000).

Ces retombées, évaluées à 39 milliards d’euros, bénéficient en priorité à l’amont de la filière, avec 21.230 emplois soutenus chez les grossistes et fabricants implantés en France. Un ancrage productif souvent invisible, mais bien réel.

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80 % des magasins hors Île-de-France : un maillage national précis

Le commerce de mode n’est pas une affaire parisienne. 80 % de ses magasins, 68,5 % de ses salariés et 65 % de son chiffre d’affaires sont implantés ou réalisés hors Île-de-France. L’Auvergne-Rhône-Alpes (21.230 emplois, 5,58 Md€ de CA), la région PACA (18.320 emplois) et les Hauts-de-France (14.280 emplois) figurent parmi les régions les plus dynamiques.
Plus significatif encore : plus de 30 % des points de vente se situent dans des villes moyennes de 20.000 à 100.000 habitants ; davantage que la moyenne du commerce non alimentaire. Des enseignes comme Kiabi, Eram, Chaussea ou le Groupe Beaumanoir incarnent cet enracinement territorial.

À cela s’ajoute une contribution fiscale de 7 milliards d’euros annuels (cotisations sociales, fiscalité locale, impôt sur les sociétés) qui fait du secteur un contributeur net majeur aux finances publiques.

« Dans un contexte de profonde transformation du commerce, il est essentiel de créer les conditions permettant aux commerces de mode de continuer à investir, recruter et faire vivre durablement nos territoires », conclut Bernard Cherqui, Président de l’Alliance du Commerce

Source : L’Alliance du Commerce et Xerfi chiffrent l’empreinte économique et sociale du commerce de mode en France juillet 2026

Sandrine Cazan, writer

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