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Entrepreneur

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Un entrepreneur crée, dirige et développe une activité économique en assumant seul les risques financiers et juridiques qui y sont liés.

Un entrepreneur est une personne qui conçoit, lance et pilote une activité économique en engageant ses propres capitaux et en assumant seule les risques financiers et juridiques qui en découlent. Il se distingue du salarié par son statut d’indépendant : il choisit sa structure juridique, définit sa stratégie et supporte directement les conséquences de ses décisions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

Aux origines du concept d’entrepreneur

Le terme « entrepreneur » apparaît au 16ᵉ siècle, mais c’est l’économiste Richard Cantillon qui en propose, dans son Essai sur la nature du commerce en général (rédigé vers 1730, publié en 1755), la première définition structurée : l’entrepreneur y est décrit comme celui qui achète à prix certain pour revendre à prix incertain, assumant ainsi seul l’incertitude du marché. Cette idée fondatrice : l’entrepreneur comme porteur de risque, reste au cœur de toutes les définitions modernes.

Au début du 19ᵉ siècle, l’économiste français Jean-Baptiste Say affine le concept dans son Traité d’économie politique (1803) en introduisant une distinction essentielle : l’entrepreneur n’est pas le capitaliste. Le capitaliste fournit les fonds ; l’entrepreneur, lui, combine et organise les facteurs de production pour créer de la valeur. Posséder du capital ne suffit pas pour entreprendre : il faut décider, organiser, assumer.

C’est ensuite Joseph Schumpeter, au 20ᵉ siècle, qui élargit encore la définition en faisant de l’entrepreneur le moteur de l’innovation. Dans sa théorie de la destruction créatrice, l’entrepreneur est celui qui bouscule les équilibres établis en introduisant de nouveaux produits, procédés ou marchés, créant ainsi de la valeur là où il n’y en avait pas encore.

L’entrepreneur face à l’opportunité

Être entrepreneur ne se résume pas à créer une structure juridique et à en assumer les risques. C’est aussi, et peut-être avant tout, une posture : celle de celui qui identifie, crée ou exploite des opportunités là où d’autres ne voient que des contraintes ou de l’incertitude.

Cette capacité à détecter une demande non satisfaite, à imaginer un nouveau service, à entrer sur un marché au bon moment, tout en évaluant lucidement les risques associés, est ce qui distingue l’entrepreneur du simple gestionnaire. Il ne subit pas son environnement : il l’anticipe, s’y adapte et cherche constamment à le transformer à son avantage.

Un métier aux multiples visages

À la question « quel est le métier d’un entrepreneur ? », il n’existe pas de réponse unique. Au lancement d’une activité, l’entrepreneur est simultanément gestionnaire, commercial, responsable marketing, manager, recruteur et communicant. Chacune de ces fonctions engage directement la survie et le développement de l’entreprise.

À mesure que la structure grandit, ces rôles peuvent, et doivent, être progressivement délégués à des collaborateurs spécialisés. Mais cette capacité à occuper plusieurs postes en parallèle, surtout en phase de démarrage, reste l’une des réalités les plus exigeantes et les plus caractéristiques de la condition entrepreneuriale.

L’entrepreneuriat social : entreprendre pour l’intérêt général

Les définitions classiques de l’entrepreneur, de Cantillon à Schumpeter, associent l’acte d’entreprendre à la recherche de profit ou à l’accumulation de capital. Une autre conception, développée depuis la fin des années 1980 et formalisée en France par la loi ESS du 31 juillet 2014, place l’intérêt général au cœur du modèle économique : c’est l’entrepreneuriat social.

L’entrepreneur social n’est pas un philanthrope : il construit une entreprise viable, génère des revenus et cherche à se développer. Mais le profit n’est pas une fin en soi, il est un moyen au service d’une mission sociale ou environnementale. Cela peut se traduire concrètement par le réinvestissement de la majorité des bénéfices dans la mission, une gouvernance partagée, ou l’embauche prioritaire de personnes éloignées de l’emploi.

Les entreprises qui répondent à ces critères peuvent solliciter l’agrément ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale) qui leur ouvre l’accès à des financements spécifiques, notamment via l’épargne salariale solidaire.

Entrepreneur indépendant ou franchisé : quelles différences ?

Critère Entrepreneur indépendant Entrepreneur franchisé
Concept commercial À construire seul Fourni par le franchiseur
Notoriété de départ Inexistante Marque déjà connue
Accompagnement Aucun Formation, assistance, outils
Liberté de gestion Totale Encadrée par le contrat
Redevances Aucune Droit d’entrée et royalties

Dans les deux cas, la personne reste un entrepreneur au sens juridique : elle immatricule sa propre entreprise et en reste seule responsable devant la loi.

Questions fréquentes

Un franchisé est-il considéré comme un entrepreneur ?

Oui. Le franchisé immatricule sa propre entreprise, investit ses fonds propres et assume seul les risques économiques de son activité, même s’il bénéficie de la marque et du savoir-faire d’un franchiseur.

Quelle est la différence entre entrepreneur et auto-entrepreneur ?

L’entrepreneur est un terme générique désignant toute personne qui crée et dirige une entreprise. L’auto-entrepreneur, ou micro-entrepreneur, est un régime fiscal et social simplifié réservé aux entreprises individuelles sous certains plafonds de chiffre d’affaires.

Quelle est la différence entre un entrepreneur et un intrapreneur ?

Un intrapreneur est un salarié qui développe un projet innovant au sein de son entreprise, avec les ressources et le soutien de l’entreprise. Il adopte une démarche entrepreneuriale (prise d’initiative, détection d’opportunités, gestion de projet), mais sans en assumer les risques financiers ni en détenir la structure juridique. À la différence de l’entrepreneur, il reste lié à son employeur par un contrat de travail.

Peut-on être entrepreneur et salarié en même temps ?

Oui, sous certaines conditions. Il est possible de créer et de diriger une entreprise tout en occupant un poste de salarié, à condition de respecter les clauses de son contrat de travail (notamment l’absence de clause d’exclusivité ou de non-concurrence) et d’en informer son employeur si requis. Cette situation est courante lors du lancement d’une activité en parallèle d’un emploi principal.

Faut-il un diplôme pour devenir entrepreneur ?

Non, sauf pour les activités réglementées (professions médicales, juridiques ou certains artisanats). La création d’entreprise reste ouverte à toute personne capable juridiquement (majeure ou mineure émancipée avec autorisation).

Sources

Références théoriques