Groupe Seguin : « L'indépendance de chaque magasin est et restera notre ADN »

Premier réseau de cheministes de France, le Groupe Seguin recrute chaque année une poignée de nouveaux partenaires en concession. Cédric Laurent revient sur un modèle qui assume de laisser une totale liberté à chaque point de vente, tout en offrant un accompagnement fort en coulisses.

Sandrine Cazan, writer

Publié le 26/09/2026 , Temps de lecture: 6 min

Groupe Seguin : « L'indépendance de chaque magasin est et restera notre ADN »

Vous venez de vous ouvrir à la franchise, quel profil recherchez-vous pour rejoindre le réseau ?

Nous nous ouvrons à la concession pas à la franchise. C’est un point important pour nous : ce statut nous permet de laisser à chaque partenaire une indépendance totale, ce qui reste la vraie colonne vertébrale de notre développement. Ce que nous recherchons avant tout, c’est un vrai esprit indépendant, associé à des aptitudes au commerce et à la gestion humaine. On reste un commerce : on vend un produit qu’il faut ensuite installer et faire fonctionner. Il faut donc que nos porteurs de projet comprennent le métier dans toute sa largeur, pas seulement la vente.

Beaucoup viennent de la reconversion professionnelle. Je n’ai évidemment aucun critère d’âge ni de sexe : ce qui compte, c’est cette compréhension globale du métier et l’envie de s’investir.

Si ce sont des personnes en reconversion, elles n’ont pas forcément la technicité au départ. Comment compensez-vous cela ?

Depuis 2016, le Groupe s’est doté d’un centre de formation certifié QUALIOPI et dispense des formations techniques et commerciales pour tous les profils, du débutant au professionnel aguerri. La formation continue est un axe fort de notre accompagnement. De la théorie à la pratique, nous proposons à nos nouveaux partenaires des immersions au sein de nos 4 magasins en Auvergne, pour leur permettre de s’imprégner de la réalité de quotidien.

En septembre 2026, nous avons inauguré un programme parallèle dédié exclusivement aux dirigeants de magasins CLUB SEGUIN : management, assurance, sécurité, RH, marketing, pilotage… des interventions d’experts pour guider nos partenaires dans leur rôle de chef d’entreprise, sur des sujets hors métiers indispensables à leur développement.

Cela veut dire que vous personnalisez chaque formation ?

Nous personnalisons chaque parcours et sommes en capacité de déployer des dispositifs complémentaires adaptés au profil et aux attentes de nos partenaires.

Combien de nouveaux concessionnaires recrutez-vous chaque année ?

Nous ne sommes pas dans une course à l’ouverture. Nous accompagnons chaque année environ 10 porteurs de projets, avec des profils sélectionnés en amont pour nous assurer que nous partageons la même philosophie et les mêmes valeurs.

Avez-vous des priorités géographiques, ou votre maillage se fait-il au cas par cas ?

On étudie chaque dossier individuellement, sans zone prédéfinie. On demande une surface de démarrage, mais on reste agiles et pragmatiques : on ne va pas exiger 250 m² partout en France. Notre clientèle est d’abord rurale ou périurbaine, donc les commerces qui fonctionnent bien à Biarritz, par exemple, ne ressembleront pas à ceux qui fonctionnent ailleurs. Il faut s’adapter, et c’est précisément ça qui fait notre force : bien comprendre la personne qu’on a en face et l’endroit où elle va s’implanter.

Comment accompagnez-vous la recherche de local ?

C’est un point important et souvent compliqué, parce qu’il y a des contraintes spécifiques à notre métier, comme par exemple avoir la place de stocker le matériel, ou pouvoir installer un système d’extraction. On donne des critères clairs pour orienter les partenaires et éviter certains pièges, notamment de gros investissements en déco ou en travaux qui pèseraient sur la rentabilité. On les aide à faire le bon choix, mais la décision finale reste la leur : ce sont des indépendants.

Cela rejoint ce que vous disiez sur l’indépendance : vous voulez que chaque magasin soit vraiment différent des autres ?

Oui, tout à fait. C’est très important pour nous que chacun garde son indépendance ! Cela se traduit notamment au niveau de la communication locale : chaque magasin va assurer sa propre communication locale, avec le soutien du siège bien évidemment. On négocie des accords au niveau national (cinéma, presse, télévision) et cette expertise est mise à disposition des partenaires gratuitement. Mais la communication locale reste entièrement de leur ressort.

C’est presque à contre-courant de ce qui se passe dans certains réseaux, où le siège garde la mainmise totale sur la communication et où les franchisés doivent se battre pour pouvoir faire de la communication locale.

Chez nous, c’est l’inverse : ils ont la liberté de communiquer localement comme ils le souhaitent, avec notre expertise en soutien s’ils en ont besoin.

J’ajouterai que cette différence passe aussi par le nom du magasin, la décoration ou encore l’aménagement intérieur. Nous apportons du conseil et des bonnes pratiques, en respectant les spécificités de chaque projet.

Quel est l’investissement de départ et l’apport personnel attendu ?

L’investissement global nécessaire est de 80.000€ pour ouvrir un magasin à nos côtés, sachant qu’on ne demande aucun droit d’entrée. Il faut donc compter un apport personnel de 30.000€ environ pour se lancer.

En moyenne, en combien de temps un partenaire atteint-il son seuil de rentabilité ?

Théoriquement, on commence à être rentable au bout de deux ans. On veille toujours à ce que nos concessionnaires ne lancent pas des prévisionnels trop optimistes au départ, au risque d’être déçus ensuite.

Une fois le magasin lancé, quel est le niveau d’implication de la tête de réseau au quotidien ?

On reste présents dans la durée, pas seulement au démarrage. Par exemple, je suis aujourd’hui à Biarritz parce que demain, avec notre vendeur local, on organise une journée prescription : on a invité des architectes et des décorateurs d’intérieur pour présenter nos produits et nos thématiques. C’est une opération qu’on a créée en interne, pour ensuite permettre au partenaire de la reproduire lui-même, en tant qu’entreprise locale.

Ce n’est pas juste une fiche conseil qu’on leur envoie : c’est un vrai accompagnement terrain. S’ils ont un souci, ils appellent et ils ont une réponse. C’est quelque chose pour lequel on est reconnus.

L’accompagnement se poursuit sur le terrain avec l’animateur de réseau de la zone, la formation, le marketing, les séminaires

Est-ce que certains de vos partenaires deviennent multi-concessionnaires, avec plusieurs points de vente ?

Oui, c’est possible et on a beaucoup d’exemples de réussite. On reste néanmoins vigilants : on ne veut pas qu’un partenaire mette en danger son premier magasin en se développant trop vite. S’ils en ont l’envie et la capacité, on les accompagne dans cette croissance, mais on les sensibilise d’abord aux risques.

Etre à la tête d’un magasin, c’est un vrai stress. Alors, quand on multiplie les points de vente, la niveau de stress, de responsabilité et de risque est multiplié lui aussi.

On tient à ce qu’ils en soient bien conscients avant de se lancer tête baissé dans un projet lourd.

Votre activité est-elle très saisonnière ?

Oui, mais moins qu’on pourrait le penser. Les clients n’anticipent pas vraiment mais au-delà de l’installation en elle-même, il y a l’entretien : ramonage, révisions en cours de saison… Tout ça étale l’activité sur l’année.

Et depuis deux ans, pour ceux qui le souhaitent, on développe aussi un peu de diversification commerciale, ce qu’on ne met pas forcément beaucoup en avant encore. Nous proposons aux concessionnaires volontaires d’installer des climatisations. Ça permet de s’ouvrir à un marché différent et de lisser encore davantage l’aspect de saisonnalité.

Pour conclure : si vous deviez donner un argument à un porteur de projet qui hésite entre se lancer seul et rejoindre votre réseau, que lui diriez-vous ?

Je me décrirais volontiers comme un accélérateur de business, un facilitateur. Rejoindre le réseau, ce n’est pas perdre son indépendance : c’est pouvoir se concentrer sur son cœur de métier, et laisser tout le reste (la communication, la formation, la structuration) à des gens dont c’est le métier. Chacun son rôle.

Là où, seul, il faut s’inventer, en réseau, on peut se concentrer sur son métier tout en restant soi-même !

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A propos de SEGUIN

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Le réseau SEGUIN, Depuis 1976 accompagne des entrepreneurs indépendants du chauffage au bois au sein du CLUB SEGUIN. Le modèle repose sur un partenariat industriel et un accompagnement global, permettant à des porteurs de projet, en reconversion ou hors métier, de créer ou développer leur point de vente en toute autonomie.

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