Discount non alimentaire : comprendre l’évolution d’un modèle économique résilient

Regard d’expert - Bernard Levy, responsable du développement de Marché aux Affaires, revient sur l’évolution du discount non alimentaire. À travers une lecture historique et économique, il décrypte les cycles, les crises et les mutations d’un modèle souvent mal compris, mais toujours essentiel.

Sandrine Cazan, writer

Publié le 17/02/2026 , Temps de lecture: 5 min

Discount non alimentaire : comprendre l’évolution d’un modèle économique résilient

Le discount non alimentaire ne connaît pas une crise, mais une succession de cycles

Historiquement, le discount est un anglicisme définissant un rabais sur le prix, ce dernier a vite évolué pour désigner un magasin ou un site où l’on pratique des prix bas.

Avant le discount, le prix fixe : les fondations historiques du discount non alimentaire

Pour comprendre** le discount d’aujourd’hui**, il faut remonter à ses racines avec l’émergence des grands magasins parisiens dès 1850 tels que Le Bon Marché, Le Printemps ou Les Galeries Lafayette. Émile Zola, dans son roman Au Bonheur des Dames, témoigne dès 1883 de cette révolution commerciale.

Les habitants de l’époque avaient coutume de faire leurs achats dans de petites échoppes plus ou moins spécialisées, tenues par un commerçant de renom qui pratiquait une tarification « à la tête du client » sur un stock limité.

Les grands magasins vont rompre avec ces usages en proposant une offre multispécialiste sur de très grandes surfaces de centre-ville. Les comptoirs multiples, organisés sur plusieurs étages, s’appuient sur une mise en scène luxueuse des produits mettant en avant nouveautés, diversité, abondance et prix fixes clairement affichés, contrairement aux pratiques des petits commerçants.

Le volume important des transactions à faible marge permet alors des tarifs très attractifs et assure le succès de la formule pour de nombreuses années.

Certains précurseurs prennent conscience du marketing avant l’heure et créent des concepts fondés sur la spécialisation du prix. Uniprix voit ainsi le jour en 1928, suivi de Prisunic en 1931, devenu Monoprix en 1997. Avant même que le mot discount n’apparaisse, les bases du métier étaient déjà posées.

De la grande distribution au libre-service : la démocratisation du prix bas

Les grands magasins, aussi organisés soient-ils, n’avaient de raison d’être que dans les grandes artères haussmanniennes. Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils laissent une large place au commerce de proximité qui continue d’évoluer ailleurs sur le territoire.

À partir des années 1950, une nouvelle génération de points de vente voit le jour avec des enseignes alimentaires comme Félix Potin ou Casino. Elles reprennent le principe de la grande surface, du prix fixe et des promotions, tout en introduisant une nouveauté majeure pour l’époque : le libre-service.

Dans les années 1960 et 1970, les premiers supermarchés de périphérie urbaine apparaissent sous l’impulsion de groupes comme Carrefour, Auchan, Promodes, Intermarché ou Leclerc. Sous un même toit, produits alimentaires et non alimentaires cohabitent. Le discount s’appuie alors sur les volumes et les promotions pour concurrencer le commerce de centre-ville.

Crises économiques et naissance du discount non alimentaire moderne

Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 bouleversent l’économie. Le chômage de masse apparaît et les stocks, autrefois actifs stratégiques, deviennent des charges dont il faut se défaire pour retrouver de la trésorerie.

De nouveaux magasins émergent alors pour recycler ces surplus : les solderies. Leur implantation se fait souvent dans des entrepôts vétustes et isolés. Tenus par des opportunistes issus de milieux maraîchers ou forains, ces commerces fonctionnent en marge des circuits traditionnels. Ils s’adressent à une clientèle modeste, peu attentive à la qualité ou à la présentation. Les produits sont disposés sur palettes ou cartons posés à même le sol. Seul compte le prix.

Importations, bazars et structuration du discount non alimentaire en réseau

Très vite, les surplus deviennent insuffisants pour alimenter ces magasins qui se multiplient. Une partie des commerçants, souvent organisée de façon familiale, se spécialise alors dans le sourcing en important d’Asie, principalement de Chine, des produits bas de gamme à faible coût.

Les plus habiles développent plusieurs points de vente et structurent leurs importations, alimentant de nombreux indépendants attirés par le petit prix.

À partir du milieu des années 1980, les acteurs les plus dynamiques se fédèrent sous des enseignes communes. C’est l’aube des franchises de bazar discount.

Années 2000 : reconnaissance du discount non alimentaire et dérives du modèle

Les années 2000 marquent l’âge d’or des groupes de bazar discount. Reprenant les codes de la grande distribution, les réseaux se font connaître à grand renfort de publicité et revendiquent des achats « malins », séduisant une clientèle plus urbaine et plus aisée.

Longtemps jugés indésirables dans les zones commerciales, ils y sont finalement accueillis pour leur capacité à générer du trafic. Les magasins à prix unique connaissent également un regain avec le « tout à 10 francs », avant d’être balayés par le passage à l’euro.

Les importateurs se spécialisent dans des gammes variées et s’inspirent des tendances des grands magasins parisiens. Sans tomber dans la contrefaçon, le secteur reste souvent à la frontière de l’imitation, reprenant les codes du design travaillés par les leaders de la distribution.

E-commerce et marketplaces : un révélateur des fragilités du discount non alimentaire

La crise du Covid en 2020 met brutalement en lumière les limites d’un usage excessif du mot discount, souvent déconnecté du consommateur.

Le déconfinement entraîne un rattrapage spectaculaire des chiffres d’affaires, mais laisse surtout le temps aux consommateurs de comparer, d’explorer les marketplaces et de découvrir des offres à prix très bas livrées à domicile, avec des marchands comme Aliexpress, Temu ou Shein notamment. En 2024 et 2025, les conséquences de cette mutation s’additionnent aux erreurs stratégiques passées.

Pourquoi le discount non alimentaire reste pertinent s’il respecte sa génétique

Faut-il s’inquiéter pour l’avenir du commerce en magasin ? La réponse est clairement non !

Nous sommes à la fin d’un cycle. Le commerce et le discount se sont toujours adaptés aux crises.

Le multicanal est devenu une nécessité, mais le discount doit respecter sa génétique : charges faibles, prix bas, diversité de l’offre et renouvellement fréquent. C’est un métier à part entière, dont la promesse doit rester lisible dans la durée.

Le consommateur face aux paradoxes du discount non alimentaire

Le consommateur doit aussi évoluer. Comment exiger conformité, conseil, service après-vente et recours juridique, tout en acceptant, par attrait du prix, des produits achetés sans garantie auprès d’acteurs lointains et sans interlocuteur identifiable ?

Le discount non alimentaire, un modèle économique durable à condition d’être lisible

Le bazar discount, dès lors qu’il respecte sa raison d’être, a encore de beaux jours devant lui. Proximité, diversité, abondance et prix restent les fondements du modèle.

L’enseigne familiale l’a compris et joue un rôle d’infrastructure sociale discrète. Pendant que certains font le buzz, Marché aux Affaires continue de faire le travail, portée par une clientèle toujours croissante.

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