Connaître son profil d’entrepreneur
Le premier filtre quand on veut être sûr de bien choisir sa franchise, ce n’est pas le concept. C’est vous !
Pourquoi voulez-vous entreprendre ? Recherchez-vous plus de liberté dans votre vie professionnelle ? Plus de revenus ? Un sens différent ? Une sortie du salariat ?
Antony Boulch, directeur de la franchise Attila, le rappelle avec justesse dans le webinaire consacré à cette question : « Il est capital de faire son propre diagnostic avant de se lancer dans l’aventure de la franchise ! »
Ce travail d’introspection est souvent sous-estimé. Beaucoup de candidats arrivent avec une frustration professionnelle et l’envie de faire autre chose, mais sans véritable projet structuré et c’est là que l’erreur peut avoir lieu. Nicolas Martin, franchisé Attila à Chartes depuis trois ans, était, lui, très clair à ce niveau-là : « J’avais fait le tour du salariat, je voulais autre chose, je ne m’y retrouvais plus ! A ce moment-là, je savais que je voulais être chef d’entreprise mais que je voulais être accompagné. Car je voulais que ça aille assez vite et je n’avais pas d’idée miracle. »
Cette lucidité est déterminante. Il savait qu’il avait besoin d’un cadre accélérateur et d’un concept déjà éprouvé à exploiter.
Car la franchise suppose une posture particulière. Antony distingue deux logiques : « Il y a deux profils : entrepreneur seul, qui refuse le cadre, ne veut pas payer de redevance et ni être accompagné et puis celui qui veut entreprendre dans un cadre pour avancer plus vite. »
Accepter un cadre signifie accepter des règles, des méthodes, des contrôles et une contribution financière continue. D’où cette question fondamentale :
Est-ce que je suis capable d’accepter qu’il y a des contraintes inhérentes à la franchise ?, c’est la première question à se poser !
Oublier d’y répondre, c’est se préparer à une frustration future !
Décoder le concept que l’on compte exploiter
L’erreur classique consiste à choisir une enseigne parce que l’on aime son produit.
Or la réalité du métier dépasse largement la simple adhésion au concept commercial. Il faut comprendre le quotidien réel du franchisé, les horaires, les contraintes techniques, les responsabilités humaines.
Comme le souligne Nicolas : « La montée en compétences techniques est importante : il faut prendre en compte cette phase là quand on devient franchisé et ce n’est pas forcément la plus simple ».
Autrement dit, la phase d’apprentissage peut être exigeante. Elle demande de l’humilité et une capacité d’adaptation rapide.
Un réseau structuré doit permettre au candidat de tester cette réalité. Antony précise : « C’est très important de n’avoir aucune surprise quand on rejoint un réseau. Chez nous, on s’attache à ce que nos futurs franchisés aient conscience de la réalité du terrain dès le début, à travers des visites chez des franchisés en place. Ils voient les équipes, ils peuvent voir les démarrages chantier par exemple, ce qui permet de se projeter concrètement ».
Cette transparence est capitale quand on cherche à choisir la meilleure franchise.
La maturité du réseau constitue également un critère clé. Certains vont préférer un réseau mature, déjà bien implanté sur le territoire, alors que d’autres vont souhaiter se tourner vers un jeune réseau, dans lequel plus de choses restent encore à bâtir. Là encore, tout est question de choix et de profil entrepreneurial.
Pour Nicolas Martin, le doute n’était pas permis : « Dans mon idée, je voulais bien payer des redevances sous réserve d’avoir un service en face ! J’aurais eu peur d’aller chez un franchiseur qui ne me donne pas les bonnes directions. Je cherchais donc de la maturité ».
Et pour rappel, la question n’est pas le montant des redevances. C’est leur justification : où vont aller les redevances que je paie à mon franchiseur ?
Il est important de bien prendre le temps d’analyser à quoi servent les frais demandés en franchise. Antony Boulch synthétise : « Ce qui va distinguer un réseau performant d’un réseau moyen, c’est la qualité d’accompagnement ! »
Valider l’adéquation entre son profil et le concept
Même un réseau solide peut être un mauvais choix… pour vous. « La pire erreur serait d’aller vers un réseau de franchise qui ne vous correspond pas, résume Nicolas Martin. Dans l’absolu tous les réseaux sont bien, mais ils ne sont pas bien pour tout le monde ! »
La cohérence personnelle prime sur la notoriété.
Cela suppose une immersion réelle :
- Échanger librement avec plusieurs franchisés
- Poser des questions concrètes sur la rentabilité, le soutien du franchiseur, la charge de travail
- Chercher les zones de tension autant que les réussites.
Antony Boulch rappelle que le processus de sélection fonctionne dans les deux sens : _« Le parcours candidat est un outil de décision mutuel » qu’il ne faut pas négliger ! _
Enfin, une étape reste trop souvent survolée : la relecture du DIP, le Document d’Information Précontractuelle.
Le DIP n’est pas un support marketing, il faut le lire attentivement et bien le comprendre !
Et Antony Boulch d’insister : « Un candidat qui signe son DIP sans le comprendre prend une décision capitale sans en maîtriser tous les éléments. Il est donc important de ne pas être tout seul et de bien s’entourer ».
Expert-comptable, avocat spécialisé, conseil extérieur : s’entourer permet de sécuriser un choix qui engage plusieurs années.
Choisir sa franchise n’est pas une quête du réseau idéal. C’est une recherche d’alignement entre votre personnalité, vos ambitions et le modèle proposé.
Le bon réseau n’est pas celui qui promet le plus. C’est celui qui vous correspond durablement !
Regardez le replay de ce webinaire Bien choisir sa franchise : comment éviter les mauvais choix et fonder une entreprise qui vous ressemble ?